Bon Iver Programmateur & En scène – Pitchfork Festival Paris – Grande Halle de la Villette (29/10/2011)


PitchFork a remonté le courant, franchi l’océan puis s’est installé dans un petit coin de campagne du XIXe arrondissement, à la Villette, dans un Paris "chimère".

En ce samedi à l’ambiance dominicale, la langue de Shakespeare résonne un peu partout à nos oreilles, si bien que le staff du festival jongle sans trop savoir entre français et anglais.

Il flotte dans l’air comme un London Way of Life, qui a quitté son cocon de Shoreditch pour venir flâner, le temps d’un week-end, du côté de Londres sur Seine (#1), badauds en goguette, sac de tissus et chemises à carreaux.

Je me confronte au phénomène Hipster avec amusement et scepticisme. Scepticisme, car l’affiche n’a rien non plus d’enchanteresse.

Justin Vernon (aka Bon Iver) a co-programmé dans un esprit très proche de Pitchfork : Folk insouciant, Pop nimbée sans altérité, sans aspérité.

Guère Lykki Li et Bon Iver (on est jamais mieux servi que par soi-même) pour nous réchauffer un peu le coeur.

Je m’immisce dans cette grande bulle (la Halle Charlie Parker). Kathleen Edwards sur scène, égérie anonyme d’une salle trop grande pour elle. Pop-Folk sans brio, mais servi par un guitariste au son impeccable et au jeu léché. Remerciements appuyés.

Se réfugier au bar, zigzaguer entre les quelques festivaliers endormis au sol, puis attendre patiemment Stornoway. Le groupe démarre pied au plancher son "clap-clap power pop acoustique". Entraînant et fraternel pour certains, vite ennuyeux et particulièrement pauvre en ce qui me concerne. Le bassiste, qui tourne et tourne encore sur lui-même, propose un jeu rapide galopant et plutôt mélodique.

J’abandonne toutefois. Au tour de Jens Lekman, je m’échappe à la critique. Duo musical cliché poussé à l’extrême entre saltimbanque et chanteur-animateur d’après-midi. Passer, vite, passer à autre chose.

Lykke Li est attendue. Elle surgit sur scène, aguichante, intenable et malléable, dans son petit numéro.

Mais elle surjoue, sa voix nasillarde et éteinte ce soir (faible et un peu forcée en raison de fatigue) se noie dans une performance vaine et finalement sans énergie.

Là où son dernier album (Wounded Rhymes – Wea 2011) révèle une production affermie, chaude et sensuelle, le groupe sur scène se délite et perd ses mélodies, en d’autres lieux entêtantes.

Courte déception. Bon Iver, le chamane et instigateur de l’après-midi arrive sur scène accompagné de pas moins de 8 musiciens. Parmi eux, le brillant Colin Stetson, au sax. Basse (ou contrebasse? – il passera également aux baryton & soprano). La troupe, galvanisée par un jeu double-batterie millimétré, attaque sur Perth : d’une richesse de sons incroyable, ce morceau livre une matière musicale unique, dense et limpide à la fois.

Premier intermède "A dream of water" par Stetson, seul. Grandiose en glissé vers "Minnesota, WI". Le son est accrocheur, puissant, ponctué par les bourdonnements de Stetson, soutenu par la basse. La voix de Bon Iver entame son ascension, du grave à l’aiguë, déclame ou chemine tranquillement. Magie bleue nostalgique qui vire en pourpre sereine prise dans l’ébullition : le fracas des percussions et les virevoltes d’une clarinette.

Certains passages de son concert sont beaucoup plus faibles, à l’image de "Beth/Rest", qui sonne comme une nappe brumeuse des Années 80. Son timbre de voix navigue entre Sting et Phil Collins. "Skinny Love", ballade attachante, reprise en choeur, est une douceur un peu légère. Mais Bon Iver ne cède jamais à la fatalité.

Alors il revient à la charge avec "The Wolves (Act I and II)" sublimée dans une montée prodigieuse, sous la forme d’une complainte, What might have been lost, reprise par le public. Deux rappels plus tard, on pouvait repartir l’esprit tranquille, heureux d’être passé, un peu en avance, à "l’heure d’Iver" (#2)

(#1) l ‘expression est d’un certain monsieur Olivier (celui-ci @otdrs ou celui-là dans "Une Histoire de l’Institut Français au Royaume-Uni")

(#2) expression piquée à son auteure @salamamarine

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