Le Rock avec des cuivres dedans!


Bowie & SaxOn ne compte plus les groupes qui, aux frontières du Jazz, s’aventurent sur des terrains, autrefois interdits aux cuivres, flirtant ainsi avec les mouvements de l’Electro, du Rock, ou bien encore du Métal, mais à l’inverse, on s’aperçoit que la réciproque a fonctionné par à-coups, comme une forme d’esthétisme mondain, un tropisme, parfois prétentieux, qui consiste à enregistrer un Sax sur son petit riff Rock, à la fin d’une session d’enregistrement.

Quelles passerelles alors, entre un courant musical majoritaire qui place la guitare au centre de tout et ces instruments à la texture formelle et limitée, à la pratique laborieuse ?

Si le Rythm’n Blues des débuts et les pionniers du Rock s’accrochaient encore à ses sections de cuivres (Little Richard, Elvis Presley, James Brown, pour ne citer que les plus fameux), force est de constater que le format Rock, puis son dérivé de masse, la Pop, se sont rapidement limités à l’emploi occasionnel et parcimonieux de ces instruments, atteignant par instant la médiocrité parfaite, à l’occasion de ces solos de saxophone ennuyeux, au son très Eighties, sur quelques unes des infamies musicales enregistrées au cours de la décennie (voir notamment ci-dessous, cette « worst of » compilation, qui contrairement à ce que son titre semble indiquer, compte bien quelques sommets de platitude dans l’histoire du Rock et de l’instrument…, normalement après çà, vous êtes mûrs…)

Voilà, voilà… Enterrons donc avec respect George Michael et consorts et revenons à notre sujet. A titre personnel, je vous ai concocté une playlist de 10 titres (et quelques bonus) qui révèlent de bien meilleures intentions dans l’emploi des cuivres. En soutien, en chorus ou moteurs de la composition, ils développent ici des couleurs contrastées, des rythmiques éclatées, furieuses, à milles lieux des exercices linéaires les plus souvent employés (Klingande et son « Jubel » ayant fort malheureusement réactualisé le genre…)

On commence presque naturellement avec l’indispensable « 21st Century Schizoid Man » de King Crimson (In The Court of The Crimson King, 1969), morceau inclassable par excellence, hors-catégorie, fondateur du Rock Progressif, qui résume à lui seul l’idée de cette chronique.  Suivent 10 morceaux, qui, au-delà des expérimentations Prog & Glam au tournant des Sixties et des classiques des Seventies, offrent, dans une période plus récente, une histoire parallèle et harmonieuse des cuivres et du mouvement Rock.

A écouter sur Spotify (player ci-dessous)/Deezer

1. « The Dark Continent » – Rubik (Solar, 2011)

2. « Out of Sight » – Spiritualized (Let It Come Down, 2001)

3. « I Think I Lost My Headache » – Queens of The Stone Age (Rated R, 2000) – chronique à lire sur Le Bazar >>>

4. « Five Little Rooms » – Menomena (Mines, 2010) chronique à lire sur Le Bazar >>>

5. « Fly Bloy Blue / Lunette » – Elbow (The Take Off and Landing of Everything, 2014) – chronique à lire sur Le Bazar >>>

6. « Perth » – Bon Iver (Bon Iver, 2011)

7. « El Picador » – Calexico (Hot Rail, 2000)

8. « Les Noces » – Limousine (Limousine, 2006)

9. « Be Brave » – My Brightest Diamond (All Things Will Unwind, 2011)

10. « The National Anthem » – Radiohead (Kid A, 2000)

Bonus : Santa Esmeralda, Noir Désir, Tied & Tickled Trio, Son Lux, Björk

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