Sarathy Korwar – Day to Day (2016)


Sarathy_Korwar_2016J’aime l’idée que composer puisse être un acte politique. J’aime l’idée qu’on puisse amalgamer avec élégance des cultures traditionnelles dans une œuvre musicale hétéroclite. J’aime l’idée que la Musique puisse parler à autre chose que nos habitudes. J’aime l’idée que la Musique nourrisse un phrasé qui nous est encore inconnu. J’aime arpenter l’exercice de style sans risquer le raccourci grossier.

Un jour de Brexit, je tombe sur un morceau intitulé « Indefinite Leave To Remain » . Drôle d’histoire. Drôle d’ironie. Chanson idoine. Marqueur musical éphémère, thèmes millénaires. Je découvre alors l’univers de Sarathy Korwar, percussionniste né américain, installé à Pune (vite, une carte de l’Inde… >>>), joueur de Tablas à l’origine, passé multi-instrumentiste depuis (on vous renvoie à sa bio… >>>). Signé sur le label Ninja Tune et soutenu par la prestigieuse Steve Reid Foundation, il sort son premier  album Day to Day le 8 juillet prochain.

Sarathy Korwar – ‘Indefinite Leave To Remain’ from Ninja Tune on Vimeo.

A la confluence du Jazz, de la musique traditionnelle des communautés Siddi (pareil, je ne connaissais pas… >>>) et de l’Electro, Korwar arpente une Terra pas si Nova que ça, qu’on se réfère notamment aux expériences modales et indiennes d’Alice Coltrane sur l’album Journey to Satchidananda ou plus près de nous, à la fusion des Musiques Jazz et berbères sur l’album The Peace Between Our Companies de Happy Apple ; Entre autres exemples, bien sûr. A l’écoute de « Bhajan » , ce sont les nuances électro parsemées de Jason Swinscoe (The Cinematic Orchestra) qui nous reviennent et sur le titre suivant, « Bismillah » , on croirait marcher dans les pas d’un Pharoah Sanders ressuscité.

Mais l’exercice le plus stupéfiant sur cet album reste encore la magnifique « Hail » qui se fraye un chemin inéluctable vers la contemplation. Il y a quelque chose de sacré pour sûr là-dedans, qui nous laisse penser à une fresque vocale qui mêlerait le chant des anciens à celui plus cathartique et contemporain d’un Thom Yorke (une certaine analogie avec « Ful Stop » sur A Moon Shaped Pool notamment). Même sentiment de grâce, sur la lente et délicieuse « Karam » .

Pour refermer le chapitre de nos émotions, on vise la transcendance (sous-titre du morceau par ailleurs) sur la sauvage « Mawra » , épilogue sévère et exigeant, ouvert par des percussions effrénées où bientôt les cuivres éructent dans un tête-à-tête avec quelques esprits occultes (Djins). A la fin, pourtant, le thème redescend sans embuscade pour nous offrir un repos bien mérité.

Sarathy Korwar – Day To Day – Ninja Tune/P.I.A.S. en écoute sur Bandcamp/Spotify/Deezer

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