Fews – Means (2016)


Fews_Means_2016

Pour beaucoup, Zlatan Ibrahimovic était encore jusqu’à peu, l’avant-centre facétieux d’un PSG conquérant, une grande-gueule au physique hors-norme, un excentrique, ballon au pied, un égocentrique, qui porte le verbe haut. Au Parc, ça faisait bien longtemps qu’on lui chantait sa chanson au King Zlatan. N°10 dans le dos et N°1 dans les cours d’école, une idole pour tous les minots, footballeurs en herbe. Mais pour d’autres, Zlatan est une source d’inspiration, un magicien des surfaces de réparation, un artiste-guerrier à qui l’on dédit son œuvre, une chanson. Une influence en quelque sorte qu’on cite aux côtés du peintre René Mégritte ou encore de l’écrivain Paul Auster (*). Il faut être tout à la fois Punk et suédois pour associer ces 3 noms. Ça tombe bien, les membres du groupe Fews réunissent les deux qualificatifs.

Originaires, pour certains, de Göteborg, pour d’autres, de Malmö (la cité qui a vu naître Zlatan en 1981 et accessoirement son premier club de football), ces quatre-là viennent de sortir leur tout premier album, Means, sur le label P.I.A.S. en mai dernier. Avant de travailler ses reprises de volée, on vous laisse découvrir le clip de « The Zoo » (étendard Post Punk mené à voix haute, en mode salut c’est cool, je fais de l’explo.)

Au menu de cet album, des glissements tonals imparables donc (« The Zoo » ), des successions d’incisions mélodiques qui rendent la vie toute douce (« I.D. » ), des Slows à la maturation lente (« Keep On Telling Myself » ), qui donnent envie de souscrire au programme haute fréquence de SAS, pour écouter de la belle musique dans les nuages. Après ça, une ode à Zlatan (l’éponyme « Zlatan » ) en 2min14 chrono, réservée à l’enfant de la ville. Voix sèches et chaleureuses, plantées dans un désert cosmique. Il reste dans cette musique, blême en apparence, des traces d’une Pop réjouissante. Combinaison étincelante reproduite sur « Drinking Games » qui baignent entre les eaux (ou les Vodka) de courants musicaux contradictoires.

Clou de l’album, « Ill  » qui démarre sur un beat écrasant d’où s’échappe un riff proche du « She’s lost control  » de Joy Division. Là où la bande à Curtis maintenait l’illusion de la clarté, ici, on se retrouve d’emblée dans une zone opaque, menacée de tous bords. Les boucles électroniques, aux environs des 3 minutes, signalent le danger et nous rapprochent du front. Le compte à rebours s’égrène et à 4 minutes c’est le Black out. Un instant de silence avant de repartir sur un fil tendu, qui se consume désormais par les deux bouts. Le timer repart sur 4 minutes et finit par complètement sauter à 00:00. Réveil. Il est temps de partir. Zlatané, entre les deux oreilles. Et on en redemande!

FewsMeans – P.I.A.S est disponible sur Bandcamp/Spotify/Deezer/Soundcloud

(*) Lire l’interview « Power and Vodka: An Interview with Fews » dans The Quietus >>>

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