Fat White Family – Songs For Our Mothers (2016)


Fat_White_Family_2016En arrière-plan les falaises de Douvres et du Kent. Le rêve des migrants, la porte close, avant le théâtre des rêves. « Un ailleurs Land » , le terrain de jeu de clowns neurasthéniques, de Boys aux cheveux coupés. Un lieu où le capitaine de la frêle embarcation règne en maître, un lieu où pas même les rêves ne parviennent à se briser.

Céder la place au vague-à-l’âme, aux mystérieuses ondulations d’une Pop déréglée, déphasée qui raisonnent contre la roche. Jouer en 7/18, rythme déficient et surtout ne rien presser. Trompeter encore à la rigueur. Il n’empêche, les clowns ont depuis longtemps cessé de rigoler. Obsédés par la pourriture passée, ils rabâchent une Pop mortifère, produisent un chant inaudible, parsemé de fantômes monstrueux. Que sonne alors le glas de la modernité! On ne devrait jamais rien chanter d’autre que les chansons de nos mères. Extrait, avec « Whitest Boy On The Beach » :

Ce n’est que le début.  En naviguant dans le tracklisting de leur deuxième album Songs For Our Mothers, on découvre des titres candidement intitulés « Lebensraum » , « Duce » et « Goodbye Goebbels » ; suspect ou bien suicide marketing. En l’absence de couche idéologique, on opte pour la provocation facile, voire de l’inculte. Mais çà devient presque une forme de maturité lorsqu’on a produit un album du nom de Champagne Holocaust quelques années plus tôt (2013). Bref, nos 4 petits anglais ne font certainement pas dans la subtilité. Au moins, ont-ils le souci d’équilibrer les débats en se réclamant d’un communisme goguenard qu’ils incarnent dans la marche désespérée « I’m Joseph Stalin » . Une berceuse au goût de désespérance, aux chœurs mécaniques :

La Route du Rock les décrivait en 2014 comme affreux, sales et méchants. Des communistes comme on les raconte dans les livres (lire l’article de The Quietus >>>). Tout pour réussir qu’on vous dit. Le genre de groupe à se tirer une balle dans le pied, parce que rien à foutre. Irrévérencieux, ils accrochent un semblant de tube Krautrock, Psyché-Iggy-Popienne en 2014 avec « Touch The Leather » puis la dégringolade assumée (à écouter par là >>>).

Mais alors pourquoi continuer d’assister à pareil spectacle ? Parce que la pornographie musicale ne réside pas nécessairement là où l’on croit. Elle tapine sur les ondes FM et les chaînes Youtube. Ok, probablement un peu d’aigreur là-dedans. Revenons à l’album : on peut parodier des tubes, composer une farce tragi-comique ou faire les deux à la fois comme sur ce « Hits Hits Hits » . On peut flirter du côté de Sonic Youth (et plutôt du meilleur) avec « Tinfoil Deathstar » et « We Must Learn To Rise »  ou encore toucher du doigt un Folk de bouseux plus vrai que nature en l’agrémentant d’orgues analogiques comme sur « Goodbye Goebbels » . On décèle les incantations du « We Will Fall » des Stooges sur la malsaine « Duce » qui révèle finalement une douceur surprenante dans un fatras de sons et de voix au crescendo hallucinatoire. Pour refermer le chapitre, on vous conseille la ballade rétrograd(e) et lumineuse « When Shipman Decides » .

Après ça, l’Angleterre est à vous.

Fat White FamilySongs For Our Mothers – Without Consent/Fat Possum Recordings est en écoute sur Spotify/Deezer

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