John Grant – Grey Tickles, Black Pressure (2015)


John Grant_Grey Tickles_Black_Pressure2Incarner dans un même postiche, l’ancien « drug addict » , le gentil compagnon Gay, l’éclectisme Hipster, le tout avec humour, le mec a du talent. Réussir la synthèse improbable de New Order, Gus Gus, TV On The Radio et The Divine Comedy, le mec est intriguant. Planter une clarinette basse dans un morceau Indie Pop, le mec mérite qu’on l’écoute. Reprendre « Sweet Painted Lady » de Elton John, le mec mérite qu’on en parle pas. Et bien d’autres détails qui n’ont pas besoin d’être rappelés ici.

John Grant. Un nom de famille de whisky écossais, un physique de bucheron canadien, une adresse à Reykjavík et… un troisième album qui vient tout juste de sortir chez Bella Union. A l’image des premières lignes du titre éponyme « Grey Tickles, Black Pressure » (« Je ne pensais pas être la cible des pubs Anti-hémorroïdes…« ), John Grant assume ses 47 ans, les petits travers du corps et s’amuse des genres en mêlant Electro, Pop Crooner, Indie Rock… On a pris le temps d’écouter l’album et l’on doit bien vous avouer, c’est plutôt une bonne cuvée.

Ses chansons ont le plus souvent une couleur passéiste, une légèreté nostalgique. Sa voix et son timbre forcent le trait dans des mises en scène immanquablement solennelles,  un peu niaises (parfois) mais amusantes (le plus souvent). Dès les premières notes de « Grey Tickles, Black Pressure » , on se croirait dans un remake potache de The Divine Comedy, avec force orchestrations et cette mélodie enchanteresse à l’auto-dérision fameuse « I’ve got grey tickles and black pressure/And I’d rather lose my arm inside of a corn thresher/Just like Uncle Paul/Just like Uncle Paul » .

Attention toutefois à ceux que les crooners insupportent. On frise parfois l’accident Pop, à l’image notamment de « Global Warning » et « Geraldine » . Mais la prise de risque permet en retour, toutes les audaces comme sur « Voodoo Doll » dont la mélodie rappelle en introduction un délicieux Beach Boys qui s’échappe soudainement dans une embardée Funk assez improbable. Autre réussite, « Guess How I Know » : Basse clinquante, à bonne fréquence, que la voix chaude et quasi Soul de John surplombe à merveille. Alors qu’on s’imagine en compagnie d’un TV On The Radio de la grande époque, on plonge directement dans un refrain très Nine Inch Nails à la rythmique Indus.

On retrouve des morceaux plus Electro directement influencés par Biggi Veira de Gus Gus à l’image de « Snug Slacks » , « Black Blizzard » et « Disappointing » où la voix de John se confond le plus souvent avec celle de Neil Hannon (The Divine Comedy). On touche à l’exercice de style académique avec « Down Here » , ballade élégante, tout ce qu’il a de plus classique jusque-là, rattrapée par les inspirations d’une clarinette, lien fragile entre une rythmique versatile et des synthétiseurs tout en étirement.

John GrantGrey Tickles, Black Pressure – Bella Union en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

2 Commentaires

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