Slaves – Sugar Coated Bitter Truth


Slaves_1Dehors, un dimanche pluvieux, comme le Kent en accueille tous les dimanche, dans ce petit bout de campagne anglaise aux mœurs toutes royales. A deux pas du Sussex, la ville de Tunbridge Wells, symbole du Middle England conservateur. Le pub est mort, quelques âmes, vissées sur leur tabouret, à somnoler derrière leur pinte. A la télé, on voit les boys du Tunbridge Wells F.C, en déplacement chez ces fils de pute d’Ashford Town au stade du Kingsnorth, pour un ces derbys charmants du sud de l’Angleterre. 0-0 (half-time). Ennui mortel.

Deux mômes, disons la vingtaine, modèle authentique de petits branleurs britanniques, écrasent leur clopes devant la porte de l’établissement et rejoignent leur caisse. Avant qu’ils ne repartent, un vieux se rue à l’extérieur et leur gueulent avec un large sourire « You Jerks-Off« . Humour britannique.

A l’intérieur, deux mômes, disons la vingtaine, modèle authentique de petits gars britanniques patientent à la mi-temps du match. Pas franchement arrogants, Lager sur la table, plutôt calmes. L’un deux, par instant, frappe consciencieusement ses cuisses comme pour reproduire son jeu de batterie. Laurie (Vincent) et Issac (Holman), des potes de lycée, certainement. En 2012, ils ont formé un groupe, Slaves, Punk dans le son, Hips dans le look et insolent dans l’esprit. Un enchevêtrement de compromissions pour tenir la posture Punk dans une ville bastion des Tories (British Political Party, conservateur).

Dans la foulée ils sortent un EP 9 titres sous le label Girl Fight Records intitulé Sugar Coated Bitter Truth. La vérité est amère et tient en 21 minutes top chrono sur la galette. Et là, ça envoie. Une musique qu’ils définissent comme du Garage Punk, encrée dans la tradition « gros riffs » du Royaume.  Depuis, les petits gars ont signé chez Virgin/EMI (passé chez Universal) et la BBC les a nommés dans la catégorie « Sound of 2015« .

Alors toi, lecteur pressé, qui te plains sans cesse de n’avoir jamais le temps d’écouter un album dans son intégralité, tu prends 20 minutes et tu passes en revue ces 9 titres qui blastent sévère. C’est beaucoup plus « gros Rock qui tâche » que Royal Blood, ça ne fait pas dans la chanson à textes – après tout ce n’est pas ce qu’on leur demande – (« Suicide« , « She Grew Old« …) mais ces zikos déménagent et se jouent des traditions et des pères fondateurs : On pense immédiatement aux Dead Kennedys sur « Cease-Fire« , dans une moindre mesure, à du Refused (« White Knuckle Ride« , « Beauty Quest« ) et du The White Stripes (époque Blood Cells) sur « Wishing Well ». Quant aux couplets de  » Black Rose« , ils sonnent comme du Nirvana (époque Bleach, genre « Mr Moustache« )

Bref c’est du tout bon, ça ne révolutionne rien, mais c’est une manière de renverser les tables du vieux pub moribond (métaphore, métaphore…)

Slaves Sugar Coated Bitter Truth – Girl Fight Records en écoute sur Deezer/Spotify/Bandcamp

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