Dan Mangan + Blacksmith – Club Meds


DanMangan_Blacksmith

Bouille débonnaire et rigolote, père de famille respectable, voix suave et entraînante, 6 fois vainqueurs des Juno Awards, Dan Smith a le CV parfait pour figurer en tête des charts Indie Rock. Et pourtant, pas grand chose de ce côté de l’Atlantique, pour le gosse de Vancouver.  Il vient de sortir son quatrième album en ce début d’année, entouré des musiciens de Blacksmith (Kenton Loewen à la batterie, qui officie également dans Mother Mother, le guitariste Gord Grdina et enfin le bassiste John Walsh), qui jusque-là, demeuraient dans l’ombre du petit Dan, qui se la jouait un peu solo pour le coup. Mais le groupe revendique désormais une identité à part entière, et ce, loin d’être un détail, se mesure à l’écoute de Club Meds tant le groupe apporte son expérience et une réelle densité dans les arrangements et la production générale de l’album.

Sur le papier, on survole une île couverte de sapins, aux limites desquels une plage sévère accueille fraîchement le badaud. Un rocher sympathique, carte postale désolée, perdu dans le détroit de Johnstone. Certainement que le noir & blanc de la photo vous mettra la puce à l’oreille, ainsi que les flots brouillés alentours, qui renforcent ce sentiment d’isolement. Car c’est un lieu symbolique, métaphore d’une musique dense, qui laisse peu de place à la contemplation, que le navigateur (« Vessel ») aborde l’humeur un peu sombre, un peu bringuebalante. La gîte du bateau, sûrement.

Le commandant Dan Mangan vous la fait à l’envers. Trop tard pour reculer. Ne pas s’attendre à un centre de vacances du bout du monde, mais plutôt un lieu-dit, un rien sauvage où s’exerce de multiples influences, où coulent, entre les coups de vents, des mélodies délicieuses.

Le gars n’en est pas à sa première traversée. Oh Fortune (2011) et Nice Nice, Very Nice (2009), sans être de vrais chef-d’œuvres, indiquaient l’inclinaison de leur compositeur pour la poésie des jours sombres. Mais là, force est de constater qu’avec Club Meds, on touche à un album savamment produit, à l’humeur doucereuse, du quel la voix de Dan Mangan s’extirpe avec brio. Ecoutez donc « A Doll’s House/Pavlovia » pour vous en convaincre : Les rebonds de la basse, la voix étirée de Dan, les arrangements en arpèges et des fragments d’Electro pour, au final, une balade envoûtante.

On pense à du Mark Berube (lire notre chronique par ici) dans le phrasé et l’esprit, à du Do Make Say Think dans la clarté des instrus, l’école canadienne en somme. L’héritage d’Elbow (lire notre chronique par ) également sur « Kitsch« , qui s’insinue progressivement dans le tissu des émotions. On regretterait presque qu’elle ne dure que 5 min, tant cette ligne est propice aux plus grand fatras musicaux et expérimentations sonores. Un peu plus tôt, « Offred » est une parfaite introduction, Pop indé, un tantinet plus classique, aux glissés en forme de détours révélateurs. On a également adore « Club Meds« , où l’on retrouve une production léchée aux arrangements électro si savamment distillés.

Dan Mangan + Blacksmith – Clubmeds – Arts & Crafts/City Slang en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

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