Black Strobe – Godforsaken Roads (2014)


blackstrobe_photo DR

Le mariage a priori contre-nature du rockab’ de Johnny Cash et de l’électro ne date pas d’hier. En 1980, le groupe angeleno Wall of Voodoo sortait déjà le puissant « Ring of Fire » (à écouter ici), débarrassé des cuivres mariachis ayant rendu célèbre l’ange noir du country rock. En 2014, Black Strobe s’attaque à son tour au fameux « Folsom Prison Blues« . Pari réussi. Avec ce deuxième album, le groupe en profite pour rendre un vibrant hommage au rock, poussant le vice jusqu’à choisir une pochette rétro (façon Sun Records, évidemment), un vocabulaire bluesy soigneusement sélectionné pour les titres et… toujours autant de gomina dans les cheveux d’Arnaud Rebotini.

Mais les hommages du patriarche de l’électro hexagonale ne s’arrêtent pas à ce cover. Sur « Swamp Fever » c’est par exemple un riff nous rappelant les Rolling Stones et sur le country « House of Good Lovin » un autre évoquant étrangement Chris Isaak qui laissent penser que les influences de Rebotini et de sa bande iraient bien au delà des années 50. Dommage, toutefois, que la superbe reprise par Black Strobe du « In The Ghetto » d’Elvis Presley, sortie en 45t quelques jours avant ce nouvel album, n’y figure pas. D’autant plus que sa sobriété et sa délicatesse, dans la musique et dans la voix, y dévoilent une pudeur et un respect pour le King assez émouvants (le morceau figurera toutefois sur une édition limitée du vinyle, nous promet Rebotini).

Avec Godforsaken Roads, le groupe s’habille donc avec les plus nobles oripeaux des légendes du rock’n’roll. Pour autant, l’âme électro du groupe n’a pas été soldée au diable, au premier carrefour venu, malgré ce qu’une ballade sombre comme « For Those Who Came on Earth Thru the Devil Asshole » pourrait laisser penser. On retrouve en effet le style du précédent album, qui permettra à ses premiers fans de faire couler la sueur sur les meilleurs dancefloors de France, de Nashville et de Navarre (voire du monde, allé) : un beat techno puissant, une voix grave et haute, suffisamment discrète par moments pour laisser l’auditoire se perdre au milieu des infra-basses et des nombreuses guitares saturées voire bluesy (le superbe « He Keeps on Calling Me« ). Le son du LP paraîtra peut-être un peu trop clean par endroits, à l’inverse de ce qu’était le rockab’ à ses débuts, mais il confirme l’expérience et le talent du plus grand producteur français actuel. Comme si la preuve devait d’ailleurs encore en être faite…

Si un jour Nick Cave et ses mauvaises graines devaient passer à l’électro, ça pourrait donner quelque chose comme ça. On a hâte !

Black Strobe – Godforsaken Roads – Black Strobe Records, sortie le 6 octobre 2014.

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