Morgan Delt – Morgan Delt


MorganDelt_Cover

Aux alentours de Los Angeles.

Bandeau kitch autour des oreilles, le gars arbore une chevelure datée, mi-hommage à Robert Plant, mi-sacrifice capillaire à Michel Polnareff. Il a deux secondes, dans l’air suffoquant de sa vieille Ford, on écoutait Cubic Castle de The Olivia Tremor Control sur le chemin du Safeaway. Revenu, Morgan, l’air investi, un bâton de Choupa Choups au bec, sunnies sur le nez, me délivre une bien étrange prophétie musicale : « I think we’ve become unstuck in time and everything is going to happen all at once from now on » (*)

Le piège de l’Histoire, arrivée à son terme, qui ne cesserait de se répéter dans les années à venir. Une resucée de la musique Rock, le Karma en berne, plongée dans un cycle de réincarnation et de réinterprétation. Toujours est il que, les bonnes mesures Rock qui reviennent, restent fondamentalement de bonnes mesures Rock (Vous en toucherez un mot à Papy Charlie et Tonton Keith des Stones!).

Alors probablement un peu bouddhiste sur les bords, Morgan Delt sortait en ce début d’année un petit bijou d’Acid-rock, à l’essence heureusement intemporelle, chez Trouble In Mind Records (Ty Segall, Fuzz, Tyler Jonn Tyler au roster…)

La navigation, sur cet album, se fait à bonne hauteur, là où l’écume est remplacée par le moelleux des nuages, où l’on cède à l’ivresse des cimes. Ne pas avoir peur de finir shooté. L’air est pur, les guitares claires et clinquantes, des myriades de clavecins à la manœuvre contre lesquels se brisent les voix d’âmes en métempsychose.

Goûtez donc à l’alambiquée « Make My Grey Brain Green » , enchaînez sur « Barbarian Kings » , un modèle de psychédélique syncrétique, où l’on s’imaginerait partir en plein trip aux côtés des Byrds, façon « Eight Miles High » . La suite plane à des latitudes similaires, avec des petits délices de mélodies Raga Rock « Obstacles Eyes » ou des morceaux plus sombres et plus fouillés comme « Little Zombies » qui flirte ouvertement du côté du Velvet Underground (On pense à « Lady Godiva’s Operation » et dans une moindre mesure à « European Son » ).

Quant à la fin de l’album, elle est d’une beauté, d’un groove incroyable : Je vous recommande la succession « Backwards Birds Inc. » , « Sad Sad Trip » (d’une lenteur éléphantesque, d’une légèreté cristallisante – NDLR : description non contractuelle), « Tropicana » (et ses choeurs « Pa Pa Pa » qui vous filent la chair de poule) et la sortie crescendo de « Main Title Sequence » qui vous offre le temps de la descente, sans risquer la surchauffe.

Ah oui, j’oubliais, Morgan c’est lui :

Morgan Delt

(*) la phrase est tirée de la page de Morgan Delt sur le site de son label >>>

Morgan DeltMorgan Delt est en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

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