Israel Nash – Rain Plans (Invité)


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Par Fred Morrow, invité du Bazar.

Elu « album du mois » par les uns (R&F), qualifié de « relève folk » par les autres (Libé), il faut l’avouer, le boulot a déjà été fait. Ces lignes n’ont donc pas d’autre ambition que le pointage de i, le barrage de t, voire l’ « enfonçage » de clous.

Dès les premières notes de l’album, l’influence est frappante. Le Loner est parmi nous. La rythmique est tenue mid-tempo, la guitare solo tresse en spirale des notes entrelacées, une Pedal Steel se glisse autour, tout y est. Immédiatement, je pense à « Down By The River« , « Cowgirl In The Sand » ou encore « Everybody Knows This Is Nowhere« . Plutôt les versions jammées avec le Crazy Horse fin 60’s, début 70’s. Le Live at Fillmore East en est un bon exemple.

Bref, tout de suite, j’accroche et je décolle. Les grandes plaines du Middle-West. Des chasseurs Blackfeet ou Crows chevauchent dans les immensités et c’est l’automne. La cavalcade est intense et longue. Plus tard, ils tueront un chevreuil et mangeront son cœur encore chaud. Des aigles tournoient dans le ciel et je vole avec eux. Nous survolons des montagnes, des forêts et des rivières. Les écrits de James Welch me reviennent en mémoire et la rêverie s’installe, portée par la magnifique pochette de l’album, ode à la Lune et aux bêtes.

Oui, cent fois, mille fois, Israel Nash va supporter cette comparaison avec Neil Young. Il est indéniable que la référence est pour le moins flatteuse et que le Loner est pour beaucoup d’entre nous, et j’en fais partie, une icône indétrônable, un formidable songwriter inscrivant sa musique dans un temps long (depuis plus de cinquante ans) et ce, toujours avec la même pertinence. Pourtant, et c’est là tout mon questionnement, il n’est pas possible qu’Israel Nash ait consciemment « repris » du Neil Young. Israel a 32 ans ; c’est, en somme, un gars de ma génération, bien ancré dans son temps, sa culture, son compte Facebook et ses 4 798 likes. Qui plus est, le son de cet album est très actuel.

Les Midlake (d’avant le départ de Tim Smith) ne sont pas bien loin. Je ne crois donc pas au simple cover ou pire, au plagiat honteux. Et si je ne crois pas à l’usurpation, c’est parce que cette musique est universelle, intemporelle, parce que, quelles que soient les époques, elle nous retourne l’âme, nous renvoie à ce que nous sommes, ou ce que nous allons devenir. C’est-à-dire rien, quelques os rongés par les vers ou des cendres jetées dans le vent.

Ecoutez « Just Like Water« , oui, c’est juste comme de l’eau, une eau qui vous ruisselle sur le corps, douce et rassérénante. Ecoutez « Mansions » et vous saurez retrouver le chemin de votre « demeure » ; peut-être la dernière ?

Pour finir, il faut préciser que cet album est un « headphone album« , il doit aussi être écouté au casque. L’expérience n’en sera que plus troublante. Les différents instruments ne s’empilent pas mais flottent chacun autour de l’auditeur, donnant l’impression d’être assis au milieu du CSNY et du Crazy Horse jouant en cercle….

Merci Israel, comme c’est bon d’être (encore…) vivant.

 

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