Timber Timbre – Hot Dreams (2014)


timber-timbre

Voilà, c’est toujours la même chose. On achète un disque en se fiant à l’aveugle aux impressions des quelques mélomanes qu’on connaît et qui n’avaient d’autre mot pour le décrire que « magnifique ». « Magnifique » : on entend cela tout le temps, en ce début d’année. On l’écoute et c’est la petite déception de celui qui n’y trouve guère de relief, qui découvre des morceaux envoûtants, mais dont l’ensemble finit par former une somme de compositions presque monotone.

Finalement, on s’y reprend un beau matin, on règle la chaîne comme il faut, on prend son temps et on se surprend à cesser toute autre activité pour écouter cette somme avec la plus grande attention. On se laisse tout à coup envahir par un sentiment de joie, lorsque notre oreille se confronte à ces notes magnifiques. Non, il n’y avait sans doute pas d’autre mot pour décrire cet album. Nos mélomanes avaient bel et bien raison.

Pourquoi cette unanimité ? Eh bien parce que Timber Timbre (lire également la chronique de leur concert au Trabendo Décembre 2013) semble être parvenu à maîtriser avec Hot Dreams une production qui est ici plus riche que les précédentes. Exit le son lo-fi des débuts, exit la rugosité de sa guitare et de sa voix, exit les accords de piano qui devenaient caricaturaux sur les trois premiers albums ; nous sommes ici face à des mélopées chaleureuses, à des chœurs discrets (sur le superbe « Run From Me« ) et à un timbre de voix réconfortant qui rappelle parfois les meilleurs Lambchop (« Hot Dreams« ) ou encore l’inattendu groupe anglais Broadcast (« Ressurection Drive Part II« ). Chaque morceau peut être considéré comme un conte, ou plutôt comme un accompagnement idéal pour se laisser rêver en fixant le plafonnier.

Mais attention, car si la chaleur qui l’emporte sur ce disque est une chaleur technique, le reflet d’un savoir faire abouti, elle ne doit pas occulter la froideur de ce qui figure entre les lignes de basse. Cet album n’est bien entendu pas guilleret : il est lourd, il est lent, parfois lugubre (« The Three Sisters« , qui évoque Low ou Ensemble Pearl), mais il est beau. Il mélange l’americana et ses évocations des grands espaces (« Grand Canyon« ), l’indus par petites touches discrètes qui lui confèrent une profondeur et une théâtralité bienvenues (« The New Tomorrow », sur la face B), ainsi que les musiques de films dignes de Morricone (« Bring me Super Men« ). Par instants, Hot Dreams se réveille et s’engage même sur des pistes plus tortueuses, plus relevées, plus rythmées (« Curtains?!« ). L’ennui n’est donc pas possible ici.

Et au bout de la route que nous dessine son auteur, on se laisse encore surprendre en voulant changer la face du disque, alors qu’on était déjà arrivé à la fin de la deuxième. Ce n’est pas encore le moment de rentrer la voiture au garage, et qu’importe ce qu’en dit la superbe pochette.

Timber TimbreHot Dreams est en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

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