Fauve – Nordik Impakt (Caen) – 01/11/2013


Fauve_NordikImpakt_B'Caen, des trombes d’eau s’abattent au dehors, 100 clochers dans une ville morne, on pioche le premier alentour et dans l’empressement on  bute sur des portes closes. Un petit quart, en quête de notre refuge, un petit quart d’heure à l’humidité heureuse et là, un petit attroupement devant l’édifice désacralisé, l’Eglise Saint-Nicolas. Merde aller à l’église un vendredi soir putain, aller à la Pâques en quelque sorte.  Une place de concert achetée comme vaccin contre l’ennui, celui d’une Toussaint grise, un peu blizzard dans ce coin de la France, quelques euros pour tromper l’automne, frauder le denier du culte et le droit de picoler en bonus. C’est le mois de novembre, salope parmi les salopes, l’espoir Fauve pour nous réchauffer le cœur, les mains, les pieds, ranimer la morgue adolescente.

Au bout de quelques minutes, la lumière faiblit et les premières notes de « Saint-Anne » s’incrustent au fil de l’eau. Les visuels s’enchaînent et le groupe se lance dans une introduction plutôt rock pour emplir l’espace, salir un peu le sacré du lieu. Cinq jeunes gars sur scène, même pas trentenaires qui ont bluffé les savants-fou experts du milieu de la musique. C’est à peine si on leur connaît plus de 10 morceaux au compteur et pourtant, pourtant on est curieux, on les couve de notre bienveillance, on voudrait les voir grandir, car de là où ils partent, depuis leur casse qui dure depuis plus de six mois, ils ont mis deux bonnes longueurs à un peu près tout le monde. Ils vont probablement s’emmêler les pinceaux, forcer un peu leur nature, le pas et de la sorte, sans doute trébucher. Oui et alors!? Ces gars ont écrit « Blizzard« , « Nuits Fauves » et bien d’autres encore qui restent à éclore.

Alors ce concert? On reste sur sa faim. Passer l’engouement, on se rend compte que le son est franchement pas bon, qu’on entend à peine les paroles, que la batterie électronique c’est le pain noir de la musique, que l’enthousiasme ne peut cacher la jeunesse d’un groupe qui manque encore un peu de relief. Le chanteur, dans les silences, est terrifié, flippé, n’arrive pas à finir ses phrases. Mais vous savez quoi, ba on y croit encore. Ce groupe a quelque chose que les autres (qui essayent d’occuper le terrain que eux ont pris d’assaut) n’ont pas. L’aura serait inaltérable? Allez savoir.

Entretemps, « Voyou » passe très mal, « Kané« , après des refrain-texte dénaturés on ne sait pas comment se termine avec brio, « Haut Les Coeurs » est un peu plus dansante, plus électro-pop, celle avec des refrains qui pourraient faire mouche. « 4000 Îles » fonctionne parfaitement en live, elle me rappelle Mermonte avec ses choeurs un peu niais, mais qu’on se chuchote amoureusement à l’oreille. « Rub a Dub » est d’une naïveté confondante. Mais voilà ces gars ont probablement les défauts de leurs qualités et malgré tout, je mets mon billet qu’ils vont tôt ou tard faire les belles heures de la scène française.

Dans le brouillard normand, ce prochain album, je me l’imagine comme un mixte assez magique entre du Brel dans les mots, les textes rugueux, l’âme chevillée au corps et l’orientation musicale de Breton, la fabrique électro-rock syncrétique. Bref, j’attends le prochain coup pour sombrer dans l’engouement total.

Blizzard est en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

5 Commentaires

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  2. Ping : Fauve – Vieux Frères – Partie 1 | Le Bazar

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