Rachid Taha – Soirs d’été-Paris (12/07/2013)


Rachid Taha - Zoom Session

Un de ces rocs au grand cœur. Un Shabada Chaabi, un punk oranais à la voix douce, prêt au coup de poing, avec des mots. Chapeau melon noir et costume cravate de mise, clope au bec, la mine goguenarde et le verbe malin.

Vendredi 12 juillet, sur la nouvelle place de la république, Rachid Taha ramène sa gueule exquise de Dandy exagéré au festival Soirs d’été, qui clôture sa semaine estivale avec le franco-algérien en cadet de la soirée.

Ambiance populaire, 14 juillet dans le viseur : on s’y rend en famille, entre étudiants, à la sortie du taf ou intrigué par la musique qui se propage dans les rues environnantes de la place.

En formation rock, il reprend quelques titres emblématiques de son répertoire ainsi que plusieurs morceaux de son dernier album Zoom (paru en 2012 chez Naïve) pour un set assez court, festival oblige.

Le concert débute avec « Jamila« , dans un son très Indus et déjà les incantations se mêlent, s’élèvent sous des cieux assombris. Les chœurs mélangent fraternité et nostalgie. On enchaîne sur la magnifique « Zoom sur Oum« , parfait contre-pied poétique aux sérénades clichés :

Quand je m’oxyde du manque d’orient, qu’aucun soleil ne m’emmène vers des chats aux yeux persans, qu’aucun vent ne vient d’Aden, pour me sabler le champagne, qu’aucun tapis ne m’envole, sous les barrières, les montagnes, sous les barrières les montagnes…

Parfaite invitation à poursuivre, l’esprit  en « grand angle » et Jeanne Added rejoint la scène pour « Now or Never« , reprise d’un classique d’Elvis Presley, exhumé du désert… américain ou de l’Atlas, on ne sait plus vraiment.

Et puis « Ya Rayah » pour faire bouger un peu plus la place. Une « spécial Ramadan » dixit Taha et sa bande. Dans le public, de partout on descend la bière et de partout on danse. Au son du Oud. « Ana » pour en remettre une couche, passerelle rock au phrasé fainéant comme on les aime.

Rock toujours avec la géniale « Barra Barra » (où comment nous rappeler que la musique du monde n’est pas que douceur et suavité exotique) et le « Rock el Casbah » que le public reprend en cœur.

Pas la langue dans sa poche, le quinqa introduit « Voilà Voilà » en rappel avec ces quelques mots en guise d’avertissement fraternel : « On me dit que 30% de la population française serait prête à voter fasciste, j’emmerde le Front National ». C’est à dire qu’il est pas né de la dernière pluie Rachid, depuis ses débuts avec Carte de Séjour et que ces musiciens et militants là, ils connaissent bien la chose et se souviennent des premiers élus frontistes à l’assemblée en 1988.

La leçon n’a pas suffit
Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli
Partout, partout, les discours sont les mêmes
Etranger, tu es la cause de nos problèmes

C’était quand déjà « Douce France« ? 1982. Ah oui, c’est bien çà, voilà, voilà que ça recommence.

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