Jonathan Wilson – Café de la Danse (03/07/2013)


Jonathan Wilson 1

L’histoire commence au sortir du concert de Steve Smyth en Mars 2012. Un ami, enthousiasmé par la performance de ce trentenaire baudelairien à la chevelure d’or, pour me rendre l’appareil, m’invite à écouter un certain Jonathan Wilson. Inconnu au bataillon, je m’y mets dans les jours qui suivent. Mais pas nécessairement emballé par le Gentle Spirit de l’américain, un peu cool, un rien vintage, un son folk-blues, de tradition américaine, aux accents John Butler Trio par endroit, Floydiens ou héritier de Neil Young et du Grateful Dead en d’autres (au rayon des comparaisons on pourrait en citer une ribambelle). Bref, je me dis rien de nouveau sous le soleil californien, branche asséchée de la lignée infante du Blues, ramenée dans une tambouille début Seventies, chemises à fleurs et longues plages psychédéliques (je dois absolument m’interdire d’employer ce mot) Et Pourtant…

15 mois plus tard au Café de la Danse, le routard et prolixe producteur Wilson débarque à Paris et livre un concert attendu par une communauté hétéroclite de fans et de curieux. Ambiance Boeuf (la genèse de cette expression « drôlilotte » se trouve par ), guitares douze cordes et orgue chauffé aux lampes. Le gars, accompagné de son band, ouvre un set très blues, bien plus tendu que les productions de son album sorti en 2011. On est surpris de découvrir une musique chaude et dégagée de l’intimité du studio. Les lignes mélodiques planantes demeurent et cette impression de mêler du Eliott Smith avec un blues compact et aérien vous incite à la curiosité et bientôt à l’enthousiasme quant au jeu du guitariste et la force de ses compositions. On pense notamment à « Gentle Spirit« , « Waters Down » ou encore « Can We Really Party Today?« . La ligne de crête avec une pop classieuse est étroite et le groupe s’y engouffre avec précision, sans fausses notes.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=xNYcYACUheQ&w=640&h=360]

Le croisement des décennies musicales est complet lorsque Graham Nash (le monsieur « Nash » de Crosby, Stills & Nash) monte sur scène pour le rappel et entame un « Isn’t it a Pity » (l’original de George Harrisson s’écoute par ), final concordia livré dans un esprit fraternel.

Mais avant cela, le groupe s’embarquait sur des territoires plus sombres, plus nuancés : Je retiens « Trials of Jonathan« , récitée à la Beatles, balade country au refrain parfait et « Valley of The Silver Moon » (ça fleure bon les titres des 70’s) : cette dernière est une embardée fuyante de plus de dix minutes qui s’ouvre sur un riff lent et pesant (il me fait penser à l’entrée de « Pushit » de Tool) ; à flot, on traverse des contrées folk-rock aquatiques, apaisantes. De quoi donner un peu plus de consistance à un musicien qui se joue des époques et des genres.

Son album Gentle Spirit (sorti chez Bella Union en 2011) et l’EP Pity, Trials and Tomorrow’s Child (sorti au même endroit un an plus tard) s’écoutent sur Spotify/Deezer/Rdio.

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