Portugal. The Man – Evil Friends


Portugal The Man - Evil Friends

On avait quitté nos 5 gars d’Alaska en 2011 avec In The Mountain, In The Cloud, album fouillé, truffé de pépites, océan de compositions foisonnantes, enrobées dans une pop mutante et bizarroïde (compliment véritable, si si…), éclairée, heureuse. On les avait quittés à la croisée des chemins, alors pourchassés par les monstres vengeurs « Bubble gum » de « All Your Light » (Voir le clip en version animée), démons véritables ou facétieux, qui reviennent hanter leur nouvel et huitième opus, Evil Friends, sorti le 3 juin dernier chez WEA.

Et pour les vaincre (ou les sublimer, c’est au choix), se présente Danger Mouse à la production de leur dernier né : Wizard parfait, l’enchanteur-sorcier désigné, lui le faiseur de rois depuis sa Rome classieuse, se penche sur le berceau de « ces gars un peu dans le vent », les prend sous son aile et leur promet un album « un ton au-dessus ».

Premier single : « Purple Yellow Red and Blue« . Le verbe, les mélodies des Portugal avec l’évidence du son et des gimmicks qui restent en mémoire. Très bon titre, qu’on écoute en boucle. Puis « Evil Friends » et « Atomic Man » suivent. On rentre alors dans l’univers des riff addictifs, des lignes de basse saturées, des tractions lourdes et de la machinerie de studio, pour un résultat paradoxalement plus léger, dans un univers où la surface de l’évocation se réduit à la portion congrue, s’évapore.

Mais attention, même en présence d’un relookeur de talent, on élude pas l’art de composition de la bande d’un simple coût de blush musical : »Atomic Man » et « Plastic Soldiers » font figure de réussite, gagnent en puissance là où « Modern Jesus » et « Creep In A T-Shirt » ressemblent à des cargaisons Pop, un peu pataudes, en tous cas plus faciles. On construit peut être des tubes, mais certainement pas des hymnes, avec de gros bouts de ficelle.

Mais qu’on se rassure, on abaisse vite la garde pour se laisser surprendre par quelques titres toujours bien sentis, parfaitement efficaces, notamment « Hip Hop Kids« , « Waves » et « Holy Roller« , sans toutefois, vraiment toucher la Grâce, ni la naïveté précieuse du précédent album. Le voilé indécis, d’inspiration psychédélique qui entourait In The Mountain… a fini par s’effilocher, s’évanouir, pris dans le feu d’une production mastodonte pour en bout de course céder la place à des compositions un peu grossières (parfois) mais certainement plus directes, plus entrainantes (toujours).

Dans cette galerie composée de tubes polychromes, taillés dans une même pierre, sans doute friable par endroits à l’écoute, on retrouve un peu de hauteur avec quelques titres plus aérés : « Sea Of Air » et « Smile« . La première, balade au fil mélodique continu, s’élève intelligemment pour redescendre sans risque d’implosion, comme protégée par la force de la ritournelle. Quelques cuivres à la rescousse et on se croirait dans la fabrique des Beatles. La seconde, dans une ambiance intimiste à son entrée,  se libère peu à peu des formats imposés, explose avec ses claviers et violons graves (ceux en ouverture qui résonnent dans « Plastic Soldiers« ) et offre des choeurs resplendissants. Une très belle marche en outro pour refermer l’album. Comme quoi, chassez le naturel…

Evil Friends est en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

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