Mermonte – L’Espace B (26/02/2013)


MermonteCombien de rennais ce soir-là dans la salle? Combien de fans de Maps And Atlases, combien de badauds perdus dans les rues moroses de ce XIXe arrondissement? Dehors on grelotte sévère. On boit des bières pour le geste, on feigne la décontraction par des températures négatives, en cercle, autour d’un feu imaginaire. Le quotidien, jamais froid, mais bien hivernal, des boulimiques de concerts et des petites salles de quartiers, exiguës où les corps, loin de s’effleurer, se touchent et se réchauffent. Il y a comme une mécanique assez révélatrice dans ce mouvement, une dialectique, sous forme alcoolisée, dans sa version « barbus chics », du besoin et de l’envie, qui rejoue les scènes du métro matinal. Dernier coup d’oeil au comptoir, « last order » avant un moment, dans la salle, le régisseur s’agite avant d’aller se cacher dans le fond de la salle, derrière sa table.

Mermonte. Quatre guitaristes, accompagnés d’un batteur, d’un bassiste, d’un violoncelliste (paraît que deux manquaient à l’appel, la première, victime d’une chute malencontreuse, quid de la seconde…?) et d’une instrumentiste touche à tout. en provenance de notre bonne ville de Rennes. Des bretons qui prennent leur quart à l’Espace B en première partie du groupe Maps And Atlases, figure du label Barsuk et de la scène Math rock indépendante américaine. Je parcoure le fil de ma mémoire et me dit que ça fait bien longtemps que je n’avais pas été confronté à une programmation aussi intelligente en première partie. L’idée tout à fait naturelle, a posteriori, d’un rapprochement des sensibilités, tant les deux groupes se répondent l’un, l’autre en variations, dans un continuum musical prémédité.

Mermonte. c’est aussi le nom éponyme de leur album, sorti en 2012 chez Les Disques Normal/Father Figure Records. Leur musique ressemblerait au croisement un peu foufou de Matt Elliott épris des Mariachis, d’un Sigur Ros chaleureux, le tout enveloppé dans des structures assez proches d’Explosions In The Sky (description non contractuelle).

On attaque ici par « Monte » , première réjouissance, où les guitares jouent à l’unisson d’où décrochent de subreptices variations. Cette musique est taillée pour les bars, et  bien que même nourrie dans pareil terreau (à côté du fût de bière), la naïveté adorable de leurs compositions ne se dessèche jamais, ne se dément jamais, mais bien plutôt gagne en volupté et puissance.

Si les choeurs peuvent parfois apparaître un brin simplistes voire niais, la rythmique est implacable : couches de violoncelles, phrasés Math, basse entraînante, enrobés de ci de là dans une chaloupe Pop, Post rock acoustique ou bien Punk festive : « Oups » en est le parfait exemple.

« Grain » est l’introduction guitare, tout en glissé, que j’aurais voulu écrire. Un peu plus loin, elle mélange, sans rien dénaturer, Folk et Math rock pour un antidote parfait à la scène noisy façon grosse guitares, lourdes et pataudes.

Fin de la première partie et très bon concert pour un groupe qu’on aimerait voir mûrir encore un peu plus en studio en abordant une production plus sophistiquée, plus bestiale. La suite c’est Maps And Atlases, et çà je l’ai déjà racontée (Lire notre précédente chronique de leur concert au Point Ephémère).

En écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

2 Commentaires

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