Les 100 vies de Joe Haege – Part 2 => La vie avec les autres ou tout seul


Joe Haege en mode sandiniste

Joe Haege en mode sandiniste

Joe Haege. C’est un homme à l’élégance naturelle. Sous l’oeil du photographe, on le retrouve dans un costume Années 30, une frange de cheveux, balancée à gauche, un corps élancé d’où émane la fraîcheur d’un adolescent à peine vieilli. En fait, d’apparence, il ressemblerait à un cadre du N.S.D.A.P., les idées nauséabondes en moins. Notre gaillard a le type germain, mais de cela on s’en fout. Joe Haege est déjanté, sensible et méticuleux, l’instant d’après, Joe Haege est calme, léger et foutraque, mais je ne peux pas le prouver. Il parle d’une voix reposante, presque prévenante. Je devrais probablement essayer de me marier avec lui, avant que ces connards de Romney & Ryan ne me l’interdisent, dénonçant l’union du Fan et de la Star, comme un inceste aux canaux de la distribution musicale traditionnelle.

Joe Haege. C’est un multi-instrumentiste, songwriter de génie, installé à Portland, précisément où, je ne sais pas. Il a l’un des jeux de guitare les plus insolites que je connaisse. La plupart du temps, il joue sur une Gibson SG, la même que Angus Young. Il est membre de 31KnotsTu FawningVin Blanc (en solo), file la main à ses potes de Menomena et paraît-il, organise des barbecues avec Deerhoof. Sans lui, Portland serait un désert musical. Quand La Gaîté Lyrique s’est lancée dans l’aventure Keep Portland Weird l’année dernière (2011), j’aurais du insulté son directeur pour avoir oublié Joe Haege.

Bref, il était temps de livrer une élégie, imparfaite je m’en excuse, à ce maître-créateur, touche à tout, Thanks God!, toujours bien en vie. Alors, je me suis lancé dans une exploration du parcours musical du ‘Sieur Haege et vous livre 40 titres, sélectionnés avec une objectivité sans pareil, pour découvrir les multiples facettes du créateur. Pour retrouver la Part I autour de 31Knots, c’est par là >>>

Part II – Avec Menomena, Tu Fawning, Vin Blanc

L’idée n’est pas de vous présenter en détails chacun de ces groupes, mais bien de puiser dans leur discographie respective pour illustrer le talent du gaillard. D’autant plus en ce qui concerne les géniaux Menomena  que j’ai chroniqués à de multiples reprises (par là pour Moms, par ici pour leur concert au Point Ephémère).

Au chapitre des collaborations fructueuses, Joe Haege (instrumentiste affable et sociable), a officié en tant que guitariste sur l’album Mines de Menomena et la tournée qui s’en est suivie, est membre permanent aux côtés de sa femme, de la petite cousine Sallie et du pote à la compote de l’époque du Lycée dans le groupe méconnu Tu Fawning et s’est lancé en 2011 pour battre le record des side-projects dans l’aventure solitaire de Vin Blanc.

Menomena

On comme avec « Five LIttle Rooms » arpent délicieux, sous tension qui nous rappelle entre les lignes que « All this could be yours someday ». Captée en live à la station KEXP.

L’album Mines recèle de compositions limpides, toujours en bascule. Je vous ai sélectionné « Taos » , « Dirty Cartoons » et « INTIL« . Attention, ne pas s’attendre à un avatar déguisé de 31knots, on retrouve ici la délicatesse des gars de Menomena et leur patte immanquablement nostalgique. « Taos » est une course Rock, sinueuse et foutoir, presque optimiste au regard de ce qui suit sur cet album ou avec Tu Fawning : 10 titres en playlist sur Spotify.

Tu Fawning

S’incruste dans votre vie comme la bande-son d’un bal costumé, la musique du velours et de la moleskine d’époque, une alchimie à la texture désuète et passéiste. On y décèle du clairon, on se fait rouler dans la farine par des percussions lourdes, cloué au piloris dans un western facétieux et désintéressé. Un tableau charmant du maître de maison Joe Haege, sans les coiffes traditionnels, où l’on scrute, chemine à travers les séquelles musicales de la période d’antan. 2 albums au compteur chez City Slang, le premier Heats On Hold en 2010 et A Monument en 2012. Le noir est une couleur élégante pour une Pop onirique et sombre comme celle-là. On les retrouve en live acoustique, perdus dans les cavités et les collines de Griffith Park (j’adore les chaussettes rayées noires & blanches de Joe Haege, ce ne pourrait être qu’un simple détail…), et dernière précision, on a sélectionné leur dernier album dans notre Top Albums 2012.

Vin Blanc

Polyvinyl Records l’aime tellement, qu’il lui offert un album solo. C’était en 2011 et ça s’appelle Chroma Key. Eh bien, ici, on retrouve la voix de notre bienfaiteur (la mairie de Portland n’a toujours pas eu l’audace de baptiser une rue à son nom ou d’ériger une statue, pensez donc…!), ces synthétiseurs loufoques, son électro artisanal de bric et de broc (en cela plus proche des productions de 31knots). On a sélectionné « The Party Never started« , « Red Thread » et « No Praise« . L’enfermement lumineux de la première, les redoublements à la guitare de la dernière, collez vous un peu à cette production froide, mais intimiste, ce flot que seul Joe Haege sait articuler, amener à un bon port, non sans quelques détours. En écoute depuis la playlist spotify.

3 Commentaires

  1. Ping : 31Knots – Trump Harm | Fanfaronnades Orchestrées | Le Bazar

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