Foals – La Maroquinerie (13/12/2012)


Foals3

Le jour d’après. Le coup d’après.

Refaire le coup après Antidotes et Total Life Forever? Je doute que les gars de Foals se posent sincèrement la question ce soir. Genre sûrs de leur faits et de leur force, avant de monter sur la scène de La Maroquinerie. Ils le font l’air de rien, insensibles à la mise en scène sonore quasi guerrière, façon Peplum grandiloquent, qui les précède. Au contraire du public, chauffé à blanc, remuant et visiblement pressés d’en découdre. Janis, sweat sur les épaules, capuche relevée, adopte les mimiques du boxeur versatile : mouvements d’épaules, le peu de nervosité nécessaire et la conduite incertaine ou plutôt instinctive.

Prendre le pouls. Les 5 d’Oxford reviennent à Paris pour réveiller subrepticement la morgue des inconditionnels, éveiller la curiosité des bizuts et chasser les mauvais démons qui vous hantent au sortir du studio.

Refaire le coup donc. Remettre le couvert.

Holy Fire est annoncé en février prochain (à sortir chez WEA) et le groupe va allègrement piocher dans son nouvel album pendant le concert, de quoi agrémenter un set qui va progressivement monter en puissance.

« Prelude » pour démarrer. Se décontracter, décocher ses premières flèches à l’occasion d’une ballade instrumentale et aquatique, fiévreuse. Nimbés dans leurs guitares cristallines, ils imposent progressivement une rythmique math-pop planante ( « Bad Habit » ou encore « Out Of The Wood » , proches des productions de leur précédent album ) sans que le public n’y trouve rien à redire. Mais ce n’est pas encore le Foals animal, charnel qui bascule dans la hargne adolescente, emprisonnée dans les notes lentes et amères de « Spanish Sahara«  . Patience, ne jamais brûler les étapes : « I’m the fury in your head […], I’m the ghost in the back of your head… »

Entre-temps, Janis s’est mêlé à la fosse deux, trois fois, le temps qu’il faut pour échauffer « furieusement » les corps, réduire la distance et en venir aux mains: « Blue Blood » fait office de défouloir, empli de grâce, et accélère le rythme. « Miami »  et « My Number » , carcans tubesques, attisent encore davantage le feu.

Foals - Holy Fire

La pochette de « Holy Fire » qui sortira le 13 février prochain.

« Balloons » fait figure de prédiction. On rentre dans le dur, ce moment précis où balancer la tête ne suffit plus – soit dit en passant, les jeunes de nos jours ne savent pas headbanger, cela me rend triste, on ne leur peut être pas appris.

Dernier titre avant rappel et les éléments se déchaînent : « Electric Bloom » (« A warning shot, your final call… ») annihile les dernières réticences, réduit en cendres toute forme d’empressement et abrutit – sainement – les esprits. Départ sans précipitation. Rappel. Obligation.

« Inhaler » tombe à point nommée. Avec son refrain à la RATM, la fosse libère sa puissance et se met à pogoter. A force de brusquer les corps, ils s’enflamment. Exercice implacable comme ce tube qui devrait passer en boucle sur votre platine.

On termine avec cette embardée finale « Two Steps, Twice » brûlante et ses choeurs (on va s’éviter « badaba baba » ici) repris par la foule. Le temps, une dernière fois, d’aller au front et se rendre compte qu’un concert de Foals est un exercice physique et jubilatoire, peut être même expiatoire. Sortir de là, brasser un peu d’air et attendre le prochain dans quelques mois pour précisément, remettre le couvert.

Foals sera de nouveau en concert à l’Olympia le 25 mars prochain.

Merci à la team WEA – Salutations à ces messieurs bien malintentionnés qui m’ont renvoyé dans le Pogo bien malgré moi.
Livereport rédigé sous l’effet de psychotropes extrêmement puissants : le Dolirhume et le Fervex.

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