Menomena – Le Point Ephémère (28/11/2012)


MenomenaOn vous les avait décrits précédemment comme des sorciers-mélodistes du contre-temps, pourfendeurs agités et solidaires, passés maîtres dans l’art des « contre-pieds au cul », assénés aux cassiques d’une Pop lisse et lisible (lire notre chronique de Moms sur le blog Bandmarket)

Nos guerriers ont enfilés leurs costumes d’hommes ordinaires ce soir-là au Point Éphémère : Menomena, c’est Justin et Danny, deux blonds américains polis, un brin effacés, le cheveu long, grands par la taille (Danny), le muscle (Justin) et le talent (les deux) ; flanqués pour l’occasion d’un guitariste, d’un saxophoniste de secours (qui officie au synthé également) et d’un homme à tout faire, qui ne tient pas en place et que nous appellerons par commodité, et aussi parce qu’on connaît pas son nom, « Tahiti Bob ».

Menomena est un groupe réservé, qui mise sur la concentration et l’acharnement à la tâche. L’écriture, la performance, le coeur de métier en somme. Une pensée pour Joe Haege (guitariste et leader de 31Knots, invité à l’occasion de Mines, qui les accompagnait lors de leur précédente tournée) et Brent Knopf (Co-fondateur du groupe qui a décidé depuis de prendre le large).

Les gars sont là, encore surpris de l’accueil qui leur est réservé par le public où une petite trentaine de fans irréductibles s’est glissée. Mon voisin de droite me glisse à l’oreille que Justin a la voix de Damon Albarn (Merde!, comment ai-je pu passer à côté de çà?!), ma voisine de gauche joue à me faire la guerre, donne très sévèrement des coudes, résultat, je me déporte d’un bon mètre cinquante en une heure et demi. Bien loin de penser qu’on allait goûter à une telle furie.

Menomena à 4

Menomena à 4. Les deux de gauche ont quitté le navire

« Plumage » venait tout juste d’ouvrir le bal : avec ces battements de main en introduction, son refrain « So long to my ideas », les ricanements paternels du saxophone en contraste avec la voix claire de Justin, le premier titre de Moms fend l’armure, pave la route pour le crescendo à venir.

Le groupe enchaîne sur la majestueuse « Capsule » : on s’échappe du brasier électrique nourri par les guitares, pour se laisser entraîner dans une « Time Capsule ». La basse nous renvoie des fragments de gravité, nous la rend légère. Pendant ce temps, le batteur fait preuve d’un abattage hors-normes sur une batterie réduite à la portion congrue. Une introduction à la The Heavy et « Five Little Rooms » entame son blues anxiogène et ses ritournelles délicieuses « All this could be yours someday… ».

Le concert s’envole définitivement vers les sommets avec « Strongest Man In The World » et « Heavy Is As Heavy Does » : la première vous plaque au sol avec ses coups de semonce au synthétiseur, bourdons hypnotiques et répétitifs à la Archive, belle époque. La seconde est une complainte, nu sincère, dépouillé en live. A mi-chemin, la guitare en orbite et le croche-double-croche des cuivres brûlent de milles feux, explosent dans une libération émotionnelle.

Menomena - Danny

On vous fera pas toute la setlist rassurez-vous, juste s’arrête-t-on sur le rappel élégant que donna le groupe avec « One Horse » et « TAOS« , deux brûlots aux sensibilités irrémédiablement opposées. La première est un chemin de croix, une blessure à peine refermée que tente de cicatriser le public par son attention, la seconde est une course rock à la Black Keys, sinueuse, foutoir et en définitive limpide, qui finit de désarçonner le moindre quidam dans la salle, qui se joint désormais aux choeurs ambiants et à la récitée collective… « I’ll bet i know what you like, at least think i know what you might and i’m not the most cocksure man, i take what and get what i can ».

La discographie complète de Menomena est disponible sur Spotify/Deezer

Pour l’anecdote : à l’issue du concert, Menomena aura le bonheur de découvrir leur van de tournée forcé et leurs affaires à l’intérieur volatilisées. Pas rancunier les gars ont commenté sur leur twitter :

Menomena - Twitter

4 Commentaires

  1. Grand fan du groupe, j’ai adoré le concert et je me retrouve dans ton report. Par contre, je suis pas fan des comparaisons avec Albarn, Black Keys ou The Heavy parce qu’ils ont vraiment leur style à eux et qu’ils ont fait plus que s’inspirer des trucs qui marchent ces derniers temps pour sortir leur dernier.

    Chez Visual Music, on a pu les interviewer ils sont très sympa et super humbles. Incroyable de voir à quel point ils sont méconnus et sous-estimés… Quant à l’histoire du van fracturé, gros manque de bol.

  2. Ping : TOP 2012 du BazarMusiKal « Bazar MusiKal

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  4. Ping : Le Rock avec des cuivres dedans! | Le Bazar

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