The Heavy – The Glorious Dead


La voix d’un mauvais opéra de film d’horreur s’extirpe des blocs alentour, qui comble du pathétique, ne vous fera pas peur. On dérive vers une marche funéraire, l’ambiance est celle d’un dimanche soir, nuit tapissée de noir & blanc. L’homme a cessé d’inquiéter. La tonalité est raisonnablement grave, mais réservée, comme peu de temps avant l’ouverture des festivités. On navigue au hasard dans un Manchester déguenillé, un Downtown à l’américaine, où le néon de l’épicerie-bar de la famille Swaby clignote bonnant mallant toutes les 10 secondes. Il y a là,  un trésor de guerre, des âmes réchauffées qui boivent un énième café et quelques mignardises musicales pour se restaurer.

Le Juke-box, tremblant, joue un vieux standard de blues, « Can’t Play Dead » et nous voilà propulsés dans l’antre originelle de The Heavy. Troisième Effort pour le Quartet originaire de Noid en Angleterre, qui nous revient avec The Glorious Dead, sorti en août dernier chez Counter Records.

A mesure qu’on se fraye un chemin au travers des « recollections musicales » de l’album, la proximité avec les poulains de Tru Thoughts Records devient toujours plus évidente. On retrouve pêle-mêle du Nostalgia 77, The Broken Keys, Quantic… chez ces anglais,  mais avec cette énergie sensuelle et débridée qui leur est propre à l’image de ce tube implacable « What Makes a Good Man? » :

A la suite, une section de cuivres ouvre magistralement « The Big Bad Wolf » au groove irrévérencieux. On se trémousse, pour sûr, tandis que le timbre « vintage » des cuivres éclaire ce morceau régénérateur. Essayez donc au petit matin de la semaine de vous réveiller en ingurgitant à grande lampée de cette came énergisante. Effet immédiat.

Une fois à peu près debout, on se lance dans une virée rock à 200 à l’heure : « Just My Luck » est une échappée d’irréductibles, une course poursuite effrénée, un Bullit musical, sans danger apparent, toutes guitares dehors. Et pour reposer un tant soit peu le corps, on file sur le bas-côté, à l’écoute de « The Lonesome Road« , poème trimbalé par la voix rocailleuse, à la Tom Waits, de Kevin Swaby. Une ballade, engoncée dans ses certitudes, gravées à coup de tuba, flatte nos imaginaires et nous étreint de ses volutes, le temps des Coffee and Cigarette.

On termine la route avec « Don’t Say Nothing » et son riff guitare à la 31Knots (ah si si, écoutez donc sur Spotify/Deezer). Les cuivres semblent se mettre à danser sur la fin pour attiser un peu encore de ce feu dévorant, imaginez un peu les Marriachi qui auraient bouffé trois tonnes de LSD et renonceraient définitivement à la mélopée amoureuse. Tableau charmant!

En écoute sur Spotify et dans notre playlist Top Albums 2012

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