Spoek Mathambo – Father Creeper


Spoek Mathambo souffle sur les braises avec des mots, objets incendiaires adoucis par les muqueuses, qui filent vers le ciel au contact de la flamme. Un flot détricoté, malaxé au creux de la main, inaltérable, s’en émane et ce tant que l’âme de son Chaman Sud-Africain (ou plutôt celle d’un sorcier-égérie du nouveau Hype) veille à la maintenir en vie.

« We could fly« , comme il dit, pour puiser une énergie concentrée, comprimée, un branchement à la source du Hip-Hop sur fond de sons Nintendo (Kites) ou de guitares hypnotiques (Let Them Talk). Bien incapable à ce stade d’identifier une énergie comparable, homogène, pour décrire cet album qui crépite, éclate en une multitude de brûlots musicaux.

L’air est dense, enfumé, la matière, brute. Réunion inédite des colonies musicales. Les cercles concentriques auront tôt vite fait de nous condamner à la consanguinité. Exiguïté néfaste. Les centrifugeuses devraient s’ouvrir aux 4 vents.

Ecoutez l'album Father Creepers sur Deezer en cliquant sur l'image

Spoek Mathambo – Father Creeper

Alors, à l’image du Blue Lines de Massive Attack, on accroche, avec ce nouvel album, une terre meuble, encore instable mais qu’on sait bientôt empruntée par la cohorte des chercheurs d’or. Une nouvelle scène est un renversement des temps, une approche géographique déconcentrée, un ailleurs créatif.

Grave pave le chemin à ces espaces indéfinis et extatiques. La silhouette de Tricky plane en fond et l’on invoque la vitalité de Vent, sa brutalité. On retrouve également entre les lignes, un fil continu semblable à celui qui guide TV On The Radio époque Desperate Youth (Dog To Bone, Stuck Together). 

Mais Spoek Mathambo ce peut être aussi une ritournelle entêtante, versatile et sexy, qui nous embarque dans un trip halluciné et subconscient, comme sur We Can Work (Ft. Rebone).

Pour résumer voilà un album moderne, d’un gaillard créatif, accompagné d’un guitariste (Nicolaas Van Reenen) toujours à-propos. Plus élogieux peut-être : cet album marche tout seul, donne envie de bouger son derrière, ne s’interdit rien en termes de styles et s’affranchit des codes musicaux. Dithyrambique : Dans notre top albums 2012, sans l’ombre d’une hésitation.

Spoek Mathambo – Father Creeper  – Sub Pop Records (sorti le 12/03/2012). Plus d’infos par ici

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