The Darcys – AJA | Refaire l’Histoire, en mieux!


Deuxième effort d’une trilogie ambitieuse, AJA est la reprise en « bloc » de l’album du même nom de Steely Dandaté de 1977, par les canadiens de The Darcys – signés chez Arts & Crafts.

Je ne m’attarderai pas sur les méandres de sa création, car je l’ai écouté, a priori, sans connaître l’originale.

J’aime cette idée, quoi qu’arrogante, d’appréhender ces pistes, sans juger du cheminement et du « main-à-la-main » qui les a conduites jusqu’à moi.

C’est un objet délicat, mais qui dans le temps révèle une construction infaillible, enserrée dans une production plus froide et aérienne que la Pop-Funk qu’il abritait autrefois. On sera notamment surpris, et d’autant plus lorsque l’on en ignore la genèse, de se confronter à ces refrains sucrés, ces mélodies chaleureuses, en contraste, à l’écoute d’une pop décharnée, étouffée façon Archive. Ces 4 là se payent le luxe d’arracher les bribes vocales d’une Pop-soul, un rien guimauve parfois, pour les faire revenir dans les eaux cristallines d’un Post-rock maîtrisé.

Premier effet miroir : Black Crow, elle déroute par son timbre suave mais laisse présager d’un son presque parfait avec cette embardée rock finale.

AJA, sur 9 minutes reprend la structure Jazz de l’original et réchauffe, avec ces guitares lancinantes et abrasives. Improvisations façon Tonbruket pour un décroché Jazz-rock du meilleur effet. Deacon Blues, malheureusement, tourne un peu en rond, à la manière de ce jeu de batterie, rapide et entêtant, en tunnel. Peg, fidèle ou non à son aînée, témoigne du mélange des genres réussi. En héritiers, la bande de Toronto nous rappelle que cet exercice méthodique s’avère un terrain de jeux exploratoire d’où s’extirpent, s’évaporent en réaction, des sons nouveaux, à la texture inédite.

Home at Last est une pépite post-rock aux mélodies enchanteresses, à l’improvisation délicate. Éloge de la lenteur, encore, avec ce gimmick guitare renversé. Six petites minutes à peine, pour un morceau sombre, extensible à l’infini.

Le reste de l’album poursuit sur cette lancée. I Got the News revient vers une pop un peu plus classique. Petits ornements piano, guitares noyées, sans doute bien meilleure que les heures de Pop estampillée « Indie » qu’on produit à la pelle aujourd’hui. Josie referme le chapitre avec brio. Mélodie Seventies que Tarantino n’aurait pas reniée, sauvée de l’oubli et de l’ennui, dans une marche au Fender Rhodes, habitée par des voix altérées et ralenties. Souveraines. On les encouragerait presque à frapper encore plus fort.

Ce sera peut-être pour le troisième volet de cette trilogie discographique, à paraître dans le  courant de l’année.

A écouter/en libre téléchargement sur le site du label

A regarder : la vidéo de Don’t Bleed Me sur leur album éponyme :

 

3 Commentaires

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