Wye Oak + Callers – Le Point Ephémère (21/11/2011)


Le duo Indie-Rock Wye Oak jouait les maîtres de cérémonie au Point Éphémère ce lundi. Actuellement en tournée, ils accueillaient en première partie le groupe Callers avant de livrer un set brutal, dense et sans à-côtés.

Une armada de photographes et du matériel de captation pour cette petite salle : agitation surprenante, inédite à laquelle je me confronte en arrivant dans les lieux.

Je file vers le bar, Mai glisse quelques mots d’un français délicat entre chaque morceau, finit de séduire, un peu facilement, le public avec une pop claire et attachante.

Le bruissement reprend à l’occasion du changement de plateau. Jenn (moitié féminine de Wye Oak) vagabonde, un rien agitée. Pressée d’en découdre sûrement. Elle descend de scène, sautille, passe d’un point à un autre. Prendre le pouls, se chauffer et sans doute remuer cette salle un rien taciturne lorsque les lumières reprennent le dessus.

Au tour de Callers, invités par Wye Oak. Vraie surprise et très belle découverte.

Auteur de l’élégant List of Love (Western Vinyl – 2010), le trio cultive des guitares de verre, cassantes en son clair-obscur et au-dessus de cette nappe furieuse, la voix de Sara, d’une chaleur incroyable.

Elle est posée, sereine comme jamais (malgré le vol d’une bonne partie de leur matériel dans la nuit), dans un numéro de charme, danseuse sur le front, ou retenu comme une dame du Jazz classique. Une voix semblable à celle du Jefferson Airplane, une musique en à-coups, qui par paliers, s’élève vers un rock, tantôt aérien façon Lift to Experience, tantôt enraciné façon Calexico.

Wye Oak en concert au Point Ephémère - Crédits Photo : Le Hiboo

Et puis, enfin Wye Oak, qui enchaîne les embardées, avec cette voix singulière, entre la complainte et l’ahurissement.

Fuir, sans cesse fuir, avec quelques gimmicks au bout du manche et ne laisser qu’une culture rock malmenée et épuisée.

Dogs Eyes, Plains (tirée de leur dernier album Civilianparu en 2011), For prayer enchantent et écrasent, à l’écart, le poids de nos sentiments.

Guitares abrasives ou arpégées, et toujours ce son brut, fort qui frappe à nos oreilles. Une chose certaine, Andy à la batterie main droite, au synthé main gauche s’en sort sans vraiment laisser l’impression d’appauvrir quelconque de l’un de ses instruments. Aucune comparaison possible avec les White Stripes tant le couple fait régner l’harmonie d’un rock mélodique et de leurs voix adolescentes. Holy Holy, Mary is Mary* rajoutent ce supplément d’âme qui fait l’identité du groupe.

Et le visage poupin de Jenn, sa voix cristalline de nous attendrir une dernière fois, avec That I Do* avant le rideau.

– Civilian (Sorti chez Souterrain transmissions) est en écoute sur Spotify
* Chronologie non respectée.

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