Battles – Cabaret Sauvage (30/06/2011)


Une fièvre extatique parcourt les rangs, gagne les tablées en alcôve du Cabaret Sauvage. Certains sont nerveux. L’impatience, probablement. La dernière fois c’était en 2007, à la Maroquinerie, autant dire une vieille histoire. Entre-temps, Battles a perdu un de ses rejetons et entamé une mue symbolique, Hype! en quelque sorte. Et pourtant, je ressens cette fébrilité à l’idée de revoir un groupe dont la réputation n’est plus à faire.

Car Battles travaille au corps, les expose à un véritable défi physique et d’endurance, à l’image de son batteur, John Stanier, qui matraque et bastonne inlassablement jusqu’à épuisement. Mais Battles s’est aussi acheté des habits de lumière. Je me prends au jeu et m’enfonce un peu plus avant, au coeur, là où l’excitation est palpable.

Je m’amuse de voir le trio se transformer en un groupe de Clubs, quelque part entre l’énergie collective des caves punks d’autrefois et l’insatiable envie d’en découdre avec LE phénomène du moment, sur scène, à l’occasion de la sortie de leur dernier album Gloss Drops (sorti chez Warp)

Crédits photo : volée sur le site de Vogue

Note d’introduction : Le départ de Tyondai Braxton se ressent dans la nature des compositions. Moins empreintes de cette folie légère, ce quelque chose comme un teint amusé et éparpillé, qui maintient la musique en apesanteur. Place à une rythmique agressive Mathrock et festive. Une électro binaire, à l’architecture moins fouillée que leurs précédents albums. Une texture uniforme.

On démarre avec Africastle. Ultra efficace. Des touches de synthés en bois, sans échos, qui annoncent, ouvrent la voie aux coups de semonces et aux cavalcades de la section rythmique. J’aime ces frémissements à la guitare en introduction et l’accélération à mi-parcours. Jeu technique et maîtrisé propre à faire se lever les foules. Glassdrops recèle de ces compositions évidentes, qui d’ores et déjà s’affirment comme des furies libératrices, des tubes rassembleurs côté scène (Futura, Africacastle, Wall Street…).

Crédits photo : volée sur le site ZikNation
Deux écran-miroirs renvoient les portraits, figés, des chanteurs invités sur le disque, mais sans parvenir toutefois à vraiment incarner de quelque manière, en quelque matière, une troisième voie, un nouveau tracé dans l’oeuvre de Battles (je pense à Icecream). Les grimaces et gimmicks auxquels ces pâles figures s’adonnent manquent de créativité et de travail mélodique. Le chant restreint, réduit le vaste monde édifié par les musiciens.

Mais qu’on ne s’y méprenne pas, ce concert libère une puissance incroyable, réveille les énergies animales, un concentré éreintant, épuisant, d’une armada rompue au combat, prêtes aux embardées les plus soudaines, comme celles, plus maîtrisées à l’image de l’enchaînement Toddler + White Electric (Avis aux plus fins connaisseurs, j’ai un doute sur l’identité du dernier morceau).

Aucun morceau de l’époque Mirrored ou de leurs Maxis Ep C/Be P, à croire qu’il leur est interdit (ou qu’il s’interdisent) de réveiller les vieux démons d’antan. Il n’y pas d’autres solutions que de se résoudre aux mantras Race Out (à écouter ci-après) & SZ2

Gloss Drops est en écoute sur Spotify/Grooveshark

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