Fleet Foxes – Helplessness Blues | Un direct pour Desolation Row


Ce n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler un refuge. Plutôt un petit bout de terre du Nord-Ouest américain battu par les vents. Et c’est pourtant là, du côté de Seattle, que cinq âmes singulières ont posé leurs bagages et égrènent depuis un chapelet acoustique.

Fleet Foxes ouvre avec sobriété ce Helplessness Blues (sorti chez Sub PopBella Union) par une balade raffinée, « Montezuma » , empreinte d’une sagesse insoupçonnable, acquise l’on ne sait où.

« Bedouin Dress » est un sommet Hypster à la recherche d’une authenticité, d’une virginité impossible ; l’incarnation d’une country-folk américaine aux arrangements adoucis, débarrassés de la « pourriture crasse ».  Arpèges altérés, sans aspérités, au travers desquels les reliefs s’effacent.

On reprend la route avec « Sim Sala Bim » , épopée 50’s et bande-son d’un film onirique. Croisade décrochée du Temps des Hommes, trop pressés sans doute. On revient à l’écoute de notre petite musique intérieure.

« Battery Kinzie » est une délicate récitée, un pèlerinage folk offert au Saint-Patron Bob Dylan, dont les premières intonations « I woke up in a morning » me rappellent inlassablement With God on our Side (teintée de l’arrogance des jeunes loups)  assénée par deux étoiles unies le temps d’un soir de 1963, à l’occasion du festival de Monterey Folk. Il flotte un air de paradis perdu qu’aucune voix ne laisse à découvrir.

« The Plains/Bitter Dancer » taille dans les compositions à l’écrin anachronique. Mélodies géométriques. Coulées d’arpèges et duos de demi-tons à la voix. Nulle place laissée à l’excentricité, un travail d’une délicatesse incomparable. Le décrochage Jazzy et la montée finale ont fini par (me) révéler ce petit joyau pop aux accents Simon & Garfunkel.

« Helplessness Blues » et « The Cascades » veillent sur ces compagnons folk, diffusent une lumière rassurante mais se confondent aux matériaux incandescents utilisés jusque-là. Sans efforts, parfois pâles.

A mi-chemin, deuxième hommage rendu à l’architecte du double-album Blonde on Blonde : exercice délicat, tant « Lorelai » ressemble à son aînée « Fourth Time Around » et finit par psalmodier le chant (autrefois) langoureux et évocateur de Dylan. La où l’écriture Dylanienne renvoie aux amphétamines et à la poésie Beat, ces 5 là se retrouvent scotchés sur une ligne de désolation, dans un monde artificiel, peuplé de sons enfantins à l’enchantement désuet.

« Someone you admire » flotte entre deux-eaux pour nous déposer, enfin,  sur les plages sonores d’un au-delà chimérique, pris de tumultes.

Car passé l’exercice de contrition folklorique, « The Shrine/An Argument » laisse enfin éclater le talent de composition et de mélodiste du groupe. A noter que la voix se fait plus dure, accrochée et instable. Envolées, couplets intimistes et psaumes, les blocs se succèdent puis un Sax s’éxtirpe progressivement du silence pour infléchir, donner vie à une balade minutieuse.

Le cours du fleuve retrouve son calme et arpente, sans risque de crues, des rives quelconques, avant de disparaître dans les deux derniers lacets de l’album.

Bonne écoute😉

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