31Knots – Trump Harm | Fanfaronnades Orchestrées


31Knots sort son nouvel album "Trump Harm" le 27 avril prochain sur le label Polyvinyl

31Knots sort son nouvel album « Trump Harm » le 27 avril prochain sur le label Polyvinyl

31Knots. Rapide CV : autour de Joe Haege, mélodiste et bricoleur surdoué-hyperactif  (il officie également dans Tu Fawning, Menomena, Vin blanc – Lire notre portrait « Les 100 vies de Joe Haege »), le groupe de Portland ne cesse de se réinventer, de telle manière qu’il serait bien mal venu de lui coller une étiquette quelconque. La bande s’est fait un nom dans l’Indie américain grâce à ses prestations live menées tambour-battant (tout à fait épuisantes), une technique monstrueuse et la délicatesse rageuse de son maître-chanteur.

Trump Harm, leur nouvel album sort le 27 avril prochain sur le label Polyvinyl. Que ses artisans ne se fâchent pas car notre impatience et notre bienveillante curiosité nous ont amené à écouter l’album un peu en avance.

« Onanist’s Vocations » ouvre l’album : Basse tapageuse – en roulé-boulé, guitare acoustique façon 12 cordes, presque incongrue. La persévérance paye et les accords décrochés glissent vers un thème rapidement inévitable. Constructions mélodiques au chant entre Pop, Parlé-enragé finement distillés.

Déjà cette impression, qui ne cessera de se vérifier par la suite, que chacun des morceaux de l’album se relance, bascule sur 2/3 séquences distinctes, et qu’en se succédant ainsi, ils se répondent selon une structure interne insoupçonnable. Morceaux éclatés, que seul le chant infléchit pour les ramener sur des sentes raffinées ou à l’inverse les perdre sur des chemins de traverse, terriblement accidentés. La chose est particulièrement prégnante sur leur single « Candles on open water », dont le refrain et le thème principal nourrissent une sérénité contrastant avec une section rythmique tendue.

Temps faible avec « Middle Ages« , agitations sans âme. On se raccroche à la patte du bon père Joe sur « Egg on My Face« , pas nécessairement inspirée et pourtant après quelques singeries nostalgiques, les codes explosent en outro sous les coups de butoir des samples de clavecin bientôt mis au silence par une horde de marteaux électriques. Réconfortante déflagration du jaune d’œuf.

Doutes dissipés, avec l’extraordinaire « Love in the Mean of Heat » : résonnent de courtes radiations sonores, prédictions de l’aiguë au grave, compressées, répétées tout au long en Part 1 du morceau. Accompagnées par le flot ininterrompu tantôt parlé, tantôt admonestant, vindicatif et sensible ; ce chant qui balaye tous les états (du) possible(s), à la conclusion menaçante (« the only way to love you is to get what i want »). Arrivé à mi-chemin, on s’enfonce en part 2, d’abord l’excitation d’un orgue de barbarie déréglé sous l’effet des lampes électriques, puis rejoint par la guitare pour un final abrasif ponctué par des harangues désespérées et fragiles (« Love ») et des grincements à peine perceptibles. Sortie abrupte.

La tentation du Passé. Celle de revenir aux ruses, aux filons des précédents albums comme sur ce « A Lot Can Tell » , qui sonne très Worried Well : thème en Majeur appuyé par une section rythmique omniprésente, sans temps morts, mais un peu brouillon parfois à l’image de cette envolée distordue à la guitare, saillie très Fuzz: un fil que l’on tire, que l’on remonte, pour s’apercevoir en fin de compte qu’il ne mène nulle part.

31knots5

On revient à des humeurs rassérénées avec « Stand Up« , couplet en mouvement de balancier. Effets de profondeur, chœurs en distance, sans trop convaincre. Mais toujours ces mélodies au chant, changeantes et travaillées (il faut écouter cet énigmatique « did you know how much you can swallow » glissé doucettement à l’oreille…).

« Dark Control » est hors-champ. Ovni grandiloquent et des refrains au piano sous forme de drilles hallucinées lancées au pas de charge. Foutoir sans cesse renouvelé, synthés en bout de course épinglés à la sortie. Totalement incontrôlable.

Le groupe renvoie à la concomitance incroyable de rythmes saccadés, ralentis avec des courses folles menées en croche ultrarapide : « Get Gone » l’illustre parfaitement dans un Rock crescendo surprise.

Morceau de choix pour finir « One Tongue Room » : typique de cette capacité de Joe Haege à se tirer d’affaire grâce à une voix souple et dictée, gagnées par ses invectives semi-mélodiques sans jamais se défaire d’un jeu de guitare séquencé. Supplique enragée empreinte d’une poésie retirée dans les silences.

31Knots Trump Harm (Polyvinyl) est en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

A lire Les 100 vies de Joe Haege – Part 1 => 31Knots / Les 100 vies de Joe Haege – Part 2 => La vie avec les autres ou tout seul.

Rappel : Ils seront en concert au Point Éphémère le 11 mai prochain et pour se mettre en jambes une petite vidéo intimiste des deux compères de passage à Mains d’œuvres (Merci au Cargo) suivi d’un live plus approprié de « Breaks » .

7 Commentaires

  1. Hello,
    Oubli malheureux! Je vais les rajouter
    Toutefois, s’il s’agit des photos de l’Aéronef, je précise que les photos renvoient vers le site du concert de la Salle Lilloise (tout du moins le seconde, petit souci avec les hyperlinks).
    Merci
    en espérant que ça n’entame en rien ton plaisir de te retrouver sur ces pages…😉

  2. Ping : Top 2011 : La bande originale de l’année | Bazar MusiKal

  3. Ping : Les 100 vies de Joe Haege – Part I => 31Knots « Bazar MusiKal

  4. Ping : Les 100 vies de Joe Haege – Part 1 => 31Knots | Le Bazar

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