Limousine – II | L’odyssée


Limousine_II

On connait la lumière suave que diffuse le saxophone de Laurent Bardainne (Limousine, Poni Hoax). Elle frémit, grésille, se fraye un chemin, semblable à un courant naturel. Sur le premier album éponyme du groupe Limousine, elle brillait sans pudeur ni artifice, explosait comme sur Lila ou encore badinait tendrement sur les Noces.

Dans l’ombre depuis lors, le quartet revient, embarqué dans l’odyssée Pop-électronique de leur second album, sobrement intitulé "II", paru en Janvier dernier sur le label Ekleroshock.

Plusieurs salves d’écoute complète, comme d’éternels recommencements et une impression d’aridité. Reprendre toutefois. Évidence première, là où l’essence de leur précédent album résidait dans ses duos guitare-sax épurés, chacune des pistes figurant les différentes scènes d’un même chapitre, ce second album renaît, réécrit sans cesse une histoire, casse les rythmes et la continuité.

Les compositions se sont transformées en plages sonores répétitives, des traits d’union sous forme de boucles hypnotiques, figées aux synthés, ritournelles piquantes ou entêtantes. Ondine, arpège étiré synthé-guitare, et dans une moindre mesure La Gaviota, en sont les exemples parfaits.

On a beaucoup parlé de leur musique comme d’un habillage sonore inspiré, une composition dont la morphologie et les couleurs épouseraient le mouvement et le temps du Cinéma.

Limousine_groupe

A ce petit jeu, The Reindeer s’érige en une marche solennelle et enivrante qui capturerait la seconde qui précède l’assaut des hommes au combat.  Je revois les images d’un film lent, spirituel, à l’esthétique radicale, comme La Ligne Rouge, de Terrence Malick.

A l’écran, Drianke dépeint. Coffret d’où s’échappe un triolet de sanza, bijou de délicatesse et d’harmonies. Cosmos, sa soeur jumelle, se révèle à l’écoute plus sombre, plus agitée, hésitant sur son refrain, qu’on dirait,  dans le registre cinématique, petit clin d’oeil, calibré pour une publicité classieuce.

Kimono abandonne l’image et impressionne. Il y a là, le défilé, le déroulé d’une partition hors du temps, un crescendo qui évoque le duel d’abord puis une lente ascension, comme sortir de chacun des cercles de La Divine Comédie de Dante.

Dude réconforte, nous ramène un peu sur terre. Pop-Rock psychédélique, très Seventies, comme un vieux standard à la Neil Young repris par Death In Vegas, qui s’agite, ravive la morgue rock, un générique de fin qui nous ranimerait tranquillement d’un songe étonnant.

LimousineII - TaxiProd/EOS Records est en écoute sur Spotify/Deezer/Rdio

About these ads

3 comments

  1. Ping : TOP 2012 du BazarMusiKal « Bazar MusiKal

Laisser un commentaire, un bon mot, une remarque...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 1 200 autres abonnés

%d bloggers like this: