Francesco Tristano – Café de la Danse (15/01/2011) : Mariage blanc


francesco_tristano

Un piano yamaha trône sur la scène du Café de la Danse, bois massif, corps musical vivant et insolite en ces lieux. Un jeune esthète, quoique trentenaire, s’avance dans l’ombre et actionne la mécanique électro-classique de l’objet noir envoûtant. Boutons de manchette, foulard de soie, allure dandy, un rien distant…

Petit bricolage, l’ange blond fouille au coeur de l’instrument avant d’entamer une marche nocturne quelque part entre Chopin et Rachmaninov. Jumeau concertiste du Chapelier fou, il laisse s’échapper une nuée mélodique cohérente, aquatique. Le public s’est massé devant la scène, certains se sont levés dans les gradins, bien décidés à en découdre après le set réussi d’Arandel.

À mesure que les beats techno, tantôt minimalistes, tantôt « hard-floor » s’immiscent dans les pièces du jeune luxembourgeois, l’on commence à s’interroger. Où veut-il nous amener? Que cherche t’il à réconcilier, à unir? La technique est fine, la gestuelle légère à souhait, ou a contrario plus marquée sur les marches en notes basses, baroud binaire pour coller aux rythmes plus efficaces de la techno.

Mais rien, je ne ressens rien oserais-je m’excuser. L’intention est là, la virtuosité également, une idée originale mais risquée. On ne croise pas le fer comme cela. On ne change pas l’ordre des choses d’une certaine manière.

À l’exception de quelques gimmiks entêtants, une vague impression m’envahit, celle d’assister à une calypso électronique lounge qui flirte avec le Saint-Germain des années 90. Bref rien de neuf sous le soleil du Classique-Jazz. À vouloir tout faire, peut être se complique-t-il la tâche!? Pourquoi ne pas s’entourer d’un batteur jazz, d’un contre-bassiste rompus aux croisades musicales? Au four et au moulin , ses morceaux s’interrompent, lorsque ses mains jonglent entre les touches du piano et celles du notebook ou du remixeur.

Le piano est un instrument lourd, difficilement modulable, dont la couleur est irrémédiablement figée dans les teintes mélancoliques ou libertaires. Patrick Watson ou Chick Corea (pour ne citer qu’eux) ont apprivoisé ses colères, sa chaleur et sa grâce. Francesco Tristano les cherche encore.

En écoute sur Spotify/Deezer/Myspace – son dernier album s’appelle Idiosynkrasia sorti sur Infiné.

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